En quoi les guerres ont-elles participé à l'évolution de la chirurgie
maxillo-faciale ?
Les greffes pour reconstruire les blessés
Reconstruction des pertes de substances tégumentaires:
Dès le début de la guerre et en cas de destruction de parties molles tels que les téguments (ensembles de tissus recouvrant et enveloppant les organismes humains), il est possible de pratiquer des greffes cutanées libres sur les blessés (étant la plupart du temps des gueules cassées) en fonction de l’épaisseur de leurs greffons.
Celles-ci n’étant pas du tout esthétiques, les chirurgiens préfèrent utiliser d’autres méthodes bien qu’elles ne soient pas très récentes et vont d’ailleurs grâce à celles-ci réussirent à élaborer de nouvelles techniques.
Intéressons nous à ces nombreuses méthodes en les listant dans le détail.
Les méthodes de greffes archaïques utilisées de 1914 à 1918 :
-Tout d’abord, parlons d’une technique datant du IIème siècle, utilisé malgré tout pour guérir des personnes jusqu’à l’aube du XXIIème siècle et nommée méthode indienne.
Cette méthode consiste simplement à prélever un lambeau de peau au voisinage de la plaie de l’individu “opéré” puis de combler cette plaie avec le lambeau prélevé juste avant.
Parlons désormais de la greffe italienne, qualifié d’obsolète à cause de ses origines datant du XVIème siècle a malheureusement été utilisé durant la guerre à cause de l’avancée encore très précaire de la médecine à l’époque.Lors de l’opération, on fixe le poignet du blessé sur le sommet de son crâne avec une attelle métallique ou un plâtre , de façon que son biceps soit en contact avec son nez. Il suffit alors d’inciser la peau du biceps et de la faire adhérer au nez en attendant que la greffe prenne et que la peau revive d’elle-même.
La position biceps sur le nez, nuit et jour, dure des semaines, voir des mois, le temps que le petit bout de peau adhère sur le cartilage costal greffé dessous.
-L’Autoplastie est quand à elle un procédé chirurgical de restauration de partie de peaux manquantes ou blessées par greffe de tissus prélevés sur l’individu lui-même. La méthode française consiste quand-à-elle à décoller les tissus entourant la lésion puis refermé la plaie par la suite grâce à un rapprochement des berges de la lésion permis par l’élasticité de la peau.

Greffe selon la méthode italienne


Gueules cassées ayant été opérés par autoplastie.

Mais aussi de nouvelles méthodes créées à partir de ces anciennes méthodes :
En effet des greffes comme l’autoplastie ont été à l’origine d’initiatives de la part de plusieurs médecins et ont données par la suite de nouvelles techniques de reconstructions beaucoup plus performantes qu’avant.
H.Gillies par exemple mis au point une technique innovante héritée de la greffe à l’italienne.Dans ce cas, on prélevé des lambeaux à distance de la plaie tout en conservant le pédicule.La partie intérmédiaire du greffon passe alors en pont entre la région donneuse et receveuse et peut être suturée pour former un tube.
L’une des plus ingénieuses de ces nouvelles méthodes reste tout de même la greffe Dufourmentel inventée par Léon Dufourmentel et qui sera d’ailleurs l’innovation majeure de la première guerre mondiale pour la chirurgie.
Durant cette greffe, le chirurgien découpe une lanière de plusieurs épaisseurs de peau au sommet du crâne du blessé afin d’assurer la vitalité du lambeau.
Il transpose ensuite le lambeau de manière à réaliser une véritable sangle et le rabat sur la partie mutilée du visage.Cette greffe permet alors de combler la perte de substance et d’également éviter la rétraction de la greffe.

Greffe Dufourmontel
Reconstruction de pertes de substances osseuses:
Face à de vastes fracas osseux, les chirurgiens tentent de combler les pertes de substances grâce à différentes techniques de greffes.
En fonction de la nature du greffon, nous distinguons :
-La greffe osseuse
-La greffe graisseuse
-La greffe cartilagineuse
-La greffe ostéo-périostique
Commençons par définir la greffe osseuse :
C’est une procédure qui consiste à prélever un petit morceau d’os dans une partie du corps pour réduire une lésion osseuse située dans une autre partie du corps.
La greffe graisseuse quand-a-elle peut être comparée à une liposuccion à cause du prélèvement de graisse dans une partie du corps mais celle-ci est réintroduit par la suite à des endroits bien précis afin de restaurer les volumes (des joues par exemple)
La greffe cartilagineuse consiste au prélèvement de petites morceaux d'os, recouvert de cartilage, à un niveau du genou où ce prélèvement sera sans conséquence sur son fonctionnement. Ces petit morceaux sont ensuite insérées à l'endroit où le cartilage est usé, et cela reconstitue ainsi le cartilage.
Pour finir, lors de la greffe ostéopériostique,on relève un greffon sur la face interne du tibia du blessé et on le pose sur la région réceptrice(partie du corps qui va recevoir le greffon). Le greffon s'applique très facilement sur la perte de substance en prenant la forme voulue, assurant le rétablissement complet et solide de la continuité osseuse.
Cette greffe ne perdura pas dans le temps car on pouvait compter de nombreuses réticences à son sujet.
Nous savons désormais quelles furent les greffes principalement utilisée durant la première guerre mondiale afin de réparer du mieux possible les faces des gueules cassées.